Versos French Hégésippe Moreau Thérèse Sureau

French poem

Thérèse Sureau

by (1810–1838)

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Pauvre muse dédaignée Dans le pays des méchants, À ton berceau, résignée, Loïs, j’apporte mes chants ; Cette fois, ma gloire est sûre : Mon public est sans sifflet, Et son baiser sans morsure : Il n’a que ses dents de lait.

Dans les sentiers de la vie, À tous les buissons pendant, Un fruit nommé Poésie Tente la main et la dent ; À l’enfant qui le regarde Sa couleur vermeille plaît : Beau Loïs, un jour, prends garde D’agacer tes dents de lait !

Le ciel de la ville est sombre : Oiseau fidèle à ton nid, Si tu chantes, chante à l’ombre De notre clocher bénit. Pour le bonheur seul respire, Et même, à l’heure qu’il est, Qu’en dormant un long sourire Laisse voir tes dents de lait.

Oui, qu’une douce chimère Caresse ton front vermeil ; Rêve des baisers de mère, Je vais, pendant ton sommeil, Au pâle éclair de la houille, Filant comme elle filait, Demander à sa quenouille Du pain pour tes dents de lait.