French poem
L’Amour
by Isaac de Benserade (1613–1691)
La Mère des amours, Tenant ses grands jours Dans son siége d’yvoire, Prononce à sa gloire : À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.
Que nos cœurs soient contens, À ce gay printemps ; Et que le plus sévère Me suive et révère : À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.
Chaque chose icy-bas Ressent mes appas ; Et si la Terre elle-même Rit au Ciel qu’elle aime, À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.
Le Ciel, pour la voir mieux, Ouvre tous ses yeux ; Et, la trouvant si belle. Brûle aussi pour elle. À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.
À cet exemple heureux, Doit être amoureux Tout ce qu’en soy resserre Le Ciel et la Terre, À l’Amour on résiste en vain : Qui n’aima jamais, aimera demain.