Versos French Iwan Gilkin Anathème

French poem

Anathème

by (1858–1924)

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Dans le caveau tendu de noir Les flammes du réchaud consument Les funèbres parfums qui fument Devant le haut et noir miroir.

Malheur à celui dont l’offense A mérité le châtiment ! Voici qu’irrévocablement Ma voix prononce la sentence.

Rouet divin du Devenir, Qui formes et transformes l’être Aux pieds de l’éternel Peut-Être Qui crée en rêvant l’avenir,

Forces qui pétrissez les mondes, Nombres dont le rythme fatal De l’immense océan vital Pousse les ondes sur les ondes,

Que tout ce qui doit être soit Et que le destin s’accomplisse ! Que de la faute la justice Jaillisse comme un glaive droit !

Que les fleurs noires de l’abîme S’épanouissent dans la nuit ! Loin du pardon, qui tremble et fuit, Que le crime suive le crime !

Qu’on fasse encore ce qu’on a fait ! Traître, trahis ! Meurtrier, tue ! Que le forfait se perpétue ! Qu’il soit la cause et soit l’effet !

Qu’ainsi les coupables eux-mêmes Sur leur front maudit par les dieux Des quatre coins des vastes cieux Attirent les foudres suprêmes !

— Dans le caveau tendu de noir Les flammes du réchaud consument Les funèbres parfums qui fument Devant le haut et noir miroir.