Versos French Iwan Gilkin L’Arrivée

French poem

L’Arrivée

by (1858–1924)

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Vers des pays nouveaux, peuplés d’autres visages, Irréparablement traîné par la vapeur, Je frissonne, je souffre : arriver me fait peur. Je devine, à travers d’hypocrites présages,

De grands châteaux qu’aigrit l’amertume des âges, Des murs moisis d’ennui, d’où suinte une torpeur, Et, malgré leur sourire adorable et trompeur, L’occulte hostilité de haineux paysages.

Bercé par le wagon comme par un vaisseau, Au moment d’aborder je me lève en sursaut, Ainsi qu’un matelot qu’éveillent des fanfares.

Dans l’ombre de la nuit hasardeuse, je vois Vos feux, ô cœurs lointains, briller comme des phares Sur les bords inconnus où m’appellent des voix.