French poem
L’Amour dans les larmes
by Iwan Gilkin (1858–1924)
Éteins, ô cœur en feu, ta flamme et ton délire ! Tu rêvais le bonheur ? La souffrance est ton lot. Le ciel ne t’a donné qu’un éternel sanglot : Où brûle plus d’amour, saigne plus de martyre.
Ah ! qu’importe le mal aigu qui me déchire Comme les fers glacés de mille javelots Et qu’importent mes pleurs qui coulent à longs flots ? Je veux aimer ! L’amour dans les larmes m’attire.
Toi, de qui les chers yeux font tant pleurer mes yeux, Toi, qui très doucement m’as exilé des cieux Où mon âme à ton âme était naguère unie,
Jusqu’au dernier soupir tu peux me torturer : Mourant, je bénirais encor mon agonie, Car je ne puis, hélas ! cesser de t’adorer.