Versos French Iwan Gilkin Narcisse

French poem

Narcisse

by (1858–1924)

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Dans la chambre moelleuse, et peluche et plume, Où rêve une blancheur d’hermine et de cygne, Où mainte opale luit comme un œil qui cligne, Où dans l’ouate maint diamant s’allume,

Au parfum vierge et fort des jacinthes blanches Et des narcisses fiers mourant dans les vases, Près du lit orphelin de chairs et d’extases, Dont la nacre appelait la nacre des hanches,

Devant la glace haute et sans autre cadre Que les torrents glacés des rideaux de soie, — Tel un bassin limpide où nul flot n’ondoie Mais qu’un jeu de reflets verts et roses madre, —

Un frêle adolescent, nu, seize ans à peine, Longs cheveux d’or bouclés, visage adorable, Bouche aux ailes de feu frôlant l’impalpable, Contemple sa beauté candide et sereine.

De ses grands yeux d’azur baignés de lumière Il regarde sans fin sa douce poitrine Comme un lys enivré de sa chair divine Que pâme une clarté tiède et printanière.

Ah ! quel voluptueux, quel ardent sourire Si désespérément soudain se résigne Et frémit tout le long de ce corps de cygne, Comme un baiser sans but lentement expire !

Aime-toi, cher enfant, aime-toi toi-même, Toi pour qui maint désir languit et s’épuise, Toi pour qui maint cœur jeune et tendre se brise ; Aime-toi ! Ton amour est l’amour suprême.

Aime-toi ! Quelle chair vaut ta chair ? Quel être Est digne de baiser tes beaux pieds d’aurore ? La beauté surhumaine en toi seul s’adore Et seul ton rêve aimant peut être son prêtre.