French poem
45 (Dans la salle des grands blessés…)
by Jacques Normand (1848–1931)
Dans la salle des grands blessés, à l’hôpital, — Triste asile où la vie est le constant : « Peut-être », — L’ardent soleil, du haut de l’étroite fenêtre, Tombe, quand vient midi, comme un glaive brutal.
L’heure coule, très lente ; et, presque horizontal, Le rayon jusqu’au bout de la pièce pénètre, Monte au plafond, pâlit, tremble, va disparaître, De l’astre qui s’éteint suivant le cours fatal.
Le jour, où l’on a tant souffert, enfin s’achève… La nuit vient, apportant sur les ailes du rêve L’espoir souvent déçu d’un réveil plus heureux ;
Et dans l’ombre endeuillant déjà la salle entière, Un grand Christ, où s’attarde un reste de lumière, Vers toutes ces douleurs tend ses bras douloureux.