Versos French Jean Aicard L’Argile

French poem

L’Argile

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De tout petits enfants, jouant avec l’argile, Façonnaient gauchement des oiseaux et des fleurs Et, s’arrêtant près d’eux, l’homme de l’Évangile Songeait: «Il est ici, l’espoir des temps meilleurs!

«En façonnant les cœurs d’enfants, argile molle, On ferait l’homme bon et plus beau, sûrement...» Et Jésus caressait d’une douce parole Ceux dont pourrait sortir un avenir aimant.

Il admirait comment leur naïve tendresse Accourt au moindre appel, tend les bras et sourit; Il faut que la leçon leur semble une caresse; C’est grandir notre espoir que grandir leur esprit.

--«Montre-moi cet oiseau, laisse que je l’achève; Lorsque j’étais petit, j’en faisais de pareils...» Et l’enfant, tout debout, tendant l’oiseau, l’élève Vers l’homme bienveillant qui donne des conseils.

Mais quand aux mains de l’Homme il cherche à le reprendre, Tandis que ses amis se pressent à l’entour, L’enfant laisse échapper l’oiseau d’argile tendre Et qui s’écrase aux pieds du Prophète d’amour.

--«Oh! mon oiseau! l’oiseau que j’avais fait moi-même! Que je voulais montrer à ma mère!»--Il pleurait. Et l’ouvrier des cœurs, qui savait comme on aime, Souffrait avec l’enfant de ce touchant regret.

--«Fais-en bien vite un autre!... un plus joli peut-être!» Et, ses deux belles mains dans un limon visqueux, Afin que les petits fussent contents, le Maître S’était assis à terre et jouait avec eux.