French poem
Prélude
by Jean Aicard
Pour faire de la joie, Pour faire le bon vin, On foule, on presse, on broie Les grappes de raisin.
Il faut subir la peine D’où sort un peu de bien. Sois forte, ô race humaine! Les cris n’y peuvent rien.
Tu saignes, chair blessée! Vous saignez, ô cœurs purs! L’âme pleure,--écrasée Comme les raisins mûrs.
Sous un écrou qui serre, L’Humanité se tord, Pleurante de misère Et saignante à la mort.
Et tous, l’orgueil, l’envie, Ont sous l’écrou leur jour... Il tourne, et fait la vie Et l’éternel amour!
Patience, ô les hommes! Espérons jusqu’au soir... Ce n’est pas nous qui sommes Les maîtres du Pressoir.