French poem
Sonnet XIII (Tu disois, Archimede, ainsi qu'on nous…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Tu disois, Archimede, ainsi qu'on nous fait croire Qu'on te donnast un poinct pour bien te soustenir Tu branlerois le monde, & le ferois venir, Comme un faix plus leger de lieu en lieu s'emporte :
Puis que ton arc si beau, ta main estoit si forte Si tu pouvois encore au monde revenir Dans l'amour de mon cœur s'esforce à retenir Tu trouverois ton poinct peut estre en quelque sorte.
Pourroit-on voir jamais plus de solidité Qu'en ce qui bransle moins plus il est agité Et prend son asseurance en l'inconstance mesme :
Il est seur, Archimede, & je n'en doute point Pour bransler tout le monde & s'asseure d'un point Il te falloit aimer aussi ferme que j'aime.
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