French poem
Sonnet VIII (Ce tresor que j’ay pris avecques…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Ce tresor que j’ay pris avecques tant de peine Je le veux avec peine encore conserver, Tardif a reposer, prompt a me relever, Et tant veiller qu’en fin on ne me le suprenne.
Encor que des mes yeux la garde plus certaine Aupres de son sejour ne te puisse trouver, Et qu’il me peut encor en l’absence arriver Qu’un autre plus prochain me l’empoigne & l’emmaine.
Je ne veux pas pourtant me travailler ainsi, La seule foy m’asseure & m’oste le soucy : Et ne changera point pourveu que je ne change.
Il faut tenir bon œil & bon pied sur ce point, A gaigner un beau bien on gaigne une loüange, Mais on en gaigne mille à ne le perdre point.
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