French poem
Sonnet IX (Si tant de maux passez ne…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Si tant de maux passez ne m’ont acquis ce bien, Que vous croyez au moins que je vous suis fidelle, Ou si vous le croyez, qu’à la moindre querelle Vous me faciez semblant de n’en plus croire rien ;
Belle, pour qui je meurs, belle, pensez vous bien Que je ne sente point cette injure cruelle ? Plus sanglante beaucoup, que la peine éternelle Où malgré tout le monde encor je me retiens,
Il est vray toutesfois, vos beautez infinies, Quand je vivrois encor cent mille & mille vies, Ne se pourroyent jamais servir si dignement
Que je ne fusse en reste à leur valeur parfaicte : Mais croyez-le ou non, la preuve est toute faicte Qu’au près de moy, l’amour aime imparfaitement.
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