French poem
Sonnet V (Je meurs, et les soucis qui…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Je meurs, et les soucis qui sortent du martyre Que me donne l’absence, et les jours, et les nuicts Font tant, qu’à tous momens je ne sçay que je suis Si j’empire du tout ou bien si je respire.
Un chagrin survenant mille chagrins m’attire Et me cuidant aider moy-mesme je me nuis, L’infini mouvement de mes roulans ennuis M’emporte & je le sens, mais je ne le puis dire.
Je suis cet Acteon de ces chiens deschiré ! Et l’esclat de mon ame est si bien alteré Qu’elle qui me devroit faire vivre me tuë :
Deux Desses nous ont tramé tout nostre sort Mais pour divers sujets nous trouvons mesme mort Moy de ne la voir point, & luy de l’avoir veuë.
More by Jean de Sponde
- Sonnet II (Quand je voy les efforts de…)
- Sonnet III (Qui seroit dans les Cieux, &…)
- Sonnet IIII (En vain mille beautez à mes…)
- Sonnet IX (Si tant de maux passez ne…)
- Sonnet VI (Mon Dieu, que je voudrois que…)
- Sonnet VII (Si j’avois comme vous mignardes colombelles…)
- Sonnet VIII (Ce tresor que j’ay pris avecques…)
- Sonnet X (Je ne bouge non plus qu’un…)