French poem
Sonnet VI (Mon Dieu, que je voudrois que…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Mon Dieu, que je voudrois que ma main fust oisive, Que ma bouche et mes yeux reprissent leur devoir Escrire est peu : c’est plus de parler & de voir De ces deux œuvres l’une est morte & l’autre vive.
Quelque beau trait d’amour que nostre main escrive, Ce sont tesmoins muets qui n’ont pas le pouvoir Ni le semblable poix, que l’œil pourroit avoir Et de nos vives voix la vertu plus naïve.
Mais quoy : n’estoyent encor ces foibles estançons Et ces fruits mi rongez dont nous le nourrissons L’Amour mourroit de faim et cherroit en ruine :
Escrivons attendant de plus fermes plaisirs, Et si le temps domine encor sur nos desirs, Faisons que sur le temps la constance domine.
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