French poem
Sonnet XIX (Je contemplois un jour le dormant…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Je contemplois un jour le dormant de ce fleuve Qui traine lentement les ondes dans la mer, Sans que les Aquilons le façent escumer Ni bondir, ravageur, sur les bords qu’il abreuve
Et contemplant le cours de ces maux que j’espreuve Ce fleuve dis-je alors ne sçait que c’est d’aimer, Si quelque flamme eust peu ses glaces allumer Il trouveroit l’amour ainsi que je le treuve.
S’il le sentoit si bien, il auroit plus de flots, L’Amour est de la peine & non point du repos, Mais ceste peine en fin est du repos suyvie
Si son esprit constant la deffend du trespas, Mais qui meurt en la peine il ne merite pas Que le repos jamais luy redonne la vie.
More by Jean de Sponde
- Sonnet XI (Tous mes propos jadis ne vous…)
- Sonnet XII (Mon cœur ne te rends point…)
- Sonnet XIII (Tu disois, Archimede, ainsi qu'on nous…)
- Sonnet XIV (Quand le vaillant Hector, le grand…)
- Sonnet XV (Ceste brave Carthage, un des honneurs…)
- Sonnet XVI (Je prens exemple en toy, courageuse…)
- Sonnet XVII (Je sens dedans mon ame une…)
- Sonnet XVIII (Ne vous estonnez point si mon…)