French poem
Sonnet XXVI (Les vents grondoyent en l'air, les…)
by Jean de Sponde (1557–1595)
Les vents grondoyent en l'air, les plus sombres nuages Nous desroboyent le jour pesle mesle entassez Les abismes d'enfer estoyent au ciel poussez La mer s'enfloit des monts, & le monde d'orages :
Quand je vis qu'un oyseau delaissant nos rivages S'envole au beau milieu de ces flots courroucez, Y pose de son nid les festus ramassez Et rappaise soudain ses escumeuses rages.
L'amour m'en fit autant, et comme un Alcion L'autre jour se logea dedans ma passion Et combla de bon-heur mon ame infortunee.
Apres le trouble, enfin, il me donna la paix : Mais le calme de mer n'est qu'une fois l'annee Et celui de mon ame y sera pour jamais.