French poem
Un ménage
by Jean Lorrain (1855–1906)
La maison est charmante, à deux pas de la plage ; Et la femme encor belle et l’homme à cheveux gris Dans le jardin planté d’ifs et de tamaris Y font six mois par an paisible et bon ménage.
Sans enfants, occupés de leurs deux chiens chéris Boabdil et Mirza, loin du vain commérage De la petite ville, en couple heureux et sage, Ils vivent là dans l’ombre et les yeux attendris.
Et cependant la femme à l’humble et sobre mise, À la police inscrite et jadis compromise Dans le vol des saphirs de Bower bijoutier, Puis fille au Chabanais, a bu toutes les hontes… ; Et l’homme à cheveux gris, à Monaco croupier, Prêtait aux décavés en détroussant les pontes.