French poem
Contre quelques-uns
by Jean Moréas
Il est qui se pensent savants Et de miel arrosés, parmi nos écrivants, Lorsque d’un vain propos leur subtilité farde Le véridique teint de leur humeur couarde. Ceux-là les peut-on voir, D’un froncé sourcil pédantesque, Vanter la Minerve tudesque Ou l’Anglais de gravité l’hoir. Toi qui mènes les Muses grecques Aux rivages de la Seine et du Loir Afin qu’elles dansent avecques Les Sylphes et les Fées aux sons De tes romanes chansons, Si tu bois le vin doux des cornes libérales Et mêles tes cheveux de rains et de pétales, Tout docte au lyrique fredon, De ton esprit t’en fasses-tu délivre ! Du Plessys ! tu ne vas maudissant le brandon Guerrier par qui Jupin donne honte et guerdon, Et tu sauras mourir ainsi comm’tu sais vivre !