French poem
Phyllis princesse de Thrace
by Jean Moréas
À tes pieds les flots expirent, ô princesse, Ô malheureuse fille du Thrace Sithon, les flots vont et viennent sans cesse, Mais à leur retour encore manquent Les blanches voiles de celui qui toujours Portait les Dieux dans sa bouche parjure. Les traits de Vénus étaient doux à ton âme Quand la bouche de ton amant en pansait la blessure, Et maintenant tes plaies sont fontaines de flamme Qui de l’Hèbre glacé fout un autre Phlégéthon. Pleure sur ton hymen aux sinistres auspices, Et ne t’excuse plus de l’espérance, vois, Depuis que, pour partir, il eut les vents propices, La lune a complété son disque quatre fois.