French poem
Teignmouth
by John Keats
* * * * *
Cher Reynolds! j'ai un conte mystérieux, Et ne peux pas le dire; je déchiffre la première page Sur un roc de Lampit couvert d'algues vertes Au milieu des brisants; il faisait une soirée tranquille, Les roches demeuraient silencieuses, la vaste mer roulait Sans fracas une frange d'écume argentée Sur une plage unie de sable brun; j'étais chez moi Et mon bonheur eût été complet--mais je voyais Trop profondément dans les espaces sous-marins, où chaque estomac, S'il est le plus fort, se nourrit du plus faible éternellement.-- Mais je pénétrais trop distinctement jusqu'au cœur D'une éternelle et féroce destruction; Ainsi du bonheur je m'étais éloigné. Cette pensée m'obsède encore, et quoique, aujourd'hui,
J'aie cueilli de jeunes pousses printanières et de joyeuses fleurs De pervenches et de fraises sauvages, Je perçois encore cette destruction infiniment féroce:-- Le Requin cruel pour sa proie--le Faucon armé de ses serres,-- Le gentil Rouge-Gorge, tout comme le Léopard et l'Once Dévorant un Ver,--Arrière, horrible penchants! Penchants que chacun porte en soi!. . . . . .
* * * * *