Versos French Joseph Autran 34 (La métairie ouvre sa porte…)

French poem

34 (La métairie ouvre sa porte…)

by (1813–1877)

Listen in the reader

La métairie ouvre sa porte Aux premiers rayons du matin, Et voici la fermière accorte Qui paraît au seuil, et qui porte Dans ses bras un charmant lutin.

Bel enfant que l’aube réveille, Il rit : les yeux levés en l’air, Il voit sur sa tête vermeille Pendre les raisins de la treille Que le jour frappe d’un éclair.

« Mère, dit-il, la grappe est mûre ! (Hier elle était verte encor.) Mère ! aujourd’hui, soyez-en sûre ; Regardez bien sous la ramure Ce beau fruit noir, ce beau fruit d’or ! »

Et la mère en ses bras le dresse, Les pieds posés contre son sein, Et l’heureux marmot qui s’empresse Atteint déjà la branche épaisse, Déjà saisit le blond raisin.

Il tire à lui grappe et feuillage ; Et mille oiseaux qui, pour la nuit, S’étaient blottis dans le treillage, Partent soudain comme un nuage, Battant des ailes avec bruit.

Et ce réveil et cette enfance, Et ces fruits mûrs à la saison, C’est le plaisir, c’est l’espérance… Et c’est ainsi qu’un jour commence Autour d’une pauvre maison !