French poem
Novembre
by Joseph Autran (1813–1877)
Le vent, depuis trois jours, a grondé sur nos toits ; Il redouble aujourd’hui comme un chœur d’anathème. Novembre est de retour ; c’est bien lui, c’est sa voix. O farouche saison, dis-moi pourquoi je t’aime !
L’épais brouillard s’accroît dans l’azur obscurci ; À peine par instans s’y montre un soleil blême ; Tout le ciel est en deuil, toute la terre aussi ; O farouche saison, dis-moi pourquoi je t’aime ?
Les feuilles de nos bois pleuvent en tourbillons ; Voici le sombre hiver, voici l’ennui suprême. Demain tout sera nu, forêts, coteaux, sillons ; O saison de malheur, dis-moi pourquoi je t’aime ?