French poem
« Dans la Bresse au sol gris »
by Joséphin Soulary (1815–1891)
Dans la Bresse au sol gris coupé d’étangs limpides, Saint Hubert a souvent ri de me voir chasser ; Car le râle me nargue en ses crochets rapides, Et le lièvre, bien coi, me regarde passer.
Un jour, las et fourbu, les flancs du carnier vides, Je m’étendis à l’ombre et cessai de penser. Deux bouleaux balançaient sur moi leurs voix timides, Et je crus les entendre en ces mots converser :
« Comprends-tu, disait l’un, qu’on soit assez poète Pour venir de si loin dormir, et qu’on s’entête A poursuivre un gibier qu’on veut ne pas tenir ? »
Et l’autre : « Mon avis est que cet imbécile, Ennuyé de sa femme, aura quitté la ville Pour s’ennuyer tout seul, et n’en pas convenir. »