Versos French Joséphin Soulary Une grande douleur

French poem

Une grande douleur

by (1815–1891)

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Comme il vient de porter sa pauvre femme en terre, Et qu’on est d’humeur noire un jour d’enterrement, Il entre au cabaret ; car la tristesse altère, Et les morts sont bien morts ! — c’est là son sentiment.

Il se prouve en buvant que la vie est sévère ; Et, vu que tout bonheur ne dure qu’un moment, Il regarde finir mélancoliquement Le tabac dans sa pipe et le vin dans son verre.

Deux voisins ses amis sont là-bas chuchotant Qu’il ne survivra pas à la défunte, en tant Qu’elle était au travail aussi brave que quatre.

Et lui songe, les yeux d’une larme rougis, Qu’il va rentrer ce soir, ivre-mort, au logis, Bien chagrin — de n’y plus trouver personne à battre.