French poem
Nox
by Jules Verne (1828–1905)
La nuit qui remplissait l’espace, Passe Avec son voile aérien. C’était ma compagne fidèle ! Maintenant, que reste-t-il d’elle ? Rien.
Et pourtant, combien je préfère Faire Dormant
Ment !
Où peut-on trouver de meilleures Heures Que dans son vol silencieux ! Aussi, fussiez-vous sans étoiles, Cachez-vous dans ses sombres voiles, Cieux !
C’est que la nuit fait, même en rêve, Trève À nos maux les plus attristants, Et qu’elle sait Mettre un terme à l’interminable Temps.
Aussi, le temps, fléau de l’homme, Comme Il s’efface devant la nuit ! Comme l’on sent qu’il a peur d’elle Et qui son vol à tire d’aile Fuit !
Que le temps, hydre renaissante, Sente De notre bras ! De cette monstrueuse bête Qui chaque coup tranche une tête Ras !
Et si la besogne trop dure Dure Trop longtemps pour toi Frère invite Celle qui peut t’aider, invite Moi !
Pour abattre l’hydre en furie, Crie ! La nuit entendra tes clameurs. « Je suis à toi, te dira-t-elle, Et si tu me veux éternelle, Meurs ! »