French poem
Sur deux nobles cercueils
by Jules Verne (1828–1905)
Sur deux nobles cercueils deux noms se laissent lire ; Dans un Othmar le grand, Othmar roi tout-puissant, Se tient le sceptre en main, comme un roi qui descend Le front haut et superbe, au sein du noir empire ;
Dans l’autre est endormi du sommeil pâlissant Un homme dont la main agite encor la lyre, Poète, aux nobles chants, qui mollement soupire Le doux hymne de mort, de son plus tendre accent.
Le royaume est en feu ; les cris brûlants de guerre, Ont soulevé les cœurs, ont ébranlé la terre, Et le sceptre d’Othmar n’est plus qu’un sceptre d’or ;
Mais l’amiable paix règne, où règne une âme tendre ; Les sons mélodieux de la harpe qui dort Au paisible vallon se font toujours entendre.