French poem
08 (Les jours étant venus d’aller à…)
by Léon Deubel (1879–1913)
Les jours étant venus d’aller à l’orgueilleuse Pour qui j’ai préparé secrètement mon cœur, Je soulevai la pierre antique du Labeur Et mon vers déroula sa route soleilleuse.
Dressée à grand effort et menaçant la nue Ma volonté, debout dans le printemps, pareille À un arc triomphal au bout d’une avenue, Imposa son carcan de granit au soleil.
Et solitaire au cœur de la grande Nature, Comme un archange blond qui revêtit l’armure Mon rêve étincela dans la strophe plastique ;
Afin de me ravir pour toujours à moi-même, Et de pouvoir crier à la gloire impudique Mon nom ! dans la rafale ardente du Poème.