Versos French Léon Valade Bouquet

French poem

Bouquet

by (1841–1884)

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Pauvres fleurs d’un bouquet de fête, Votre fraîcheur, que peu d’instants Effaceront, semble mal faite Pour promettre d’aimer longtemps !

Peut-on, sans ironie amère, Engager l’avenir lointain, Quand on est la rose éphémère Ou le liseron d’un matin ?

Mais dites à la bien-aimée, Fleurs frêles aux tendres couleurs, Que votre beauté parfumée Revit sans cesse en d’autres fleurs ;

Et qu’en sa durée infinie L’amour n’a pas, grâces au ciel, La stupide monotonie D’un bouquet artificiel !

Dites-lui que, tels vos calices S’ouvrent l’un après l’autre en mai, Telles se suivent les délices Qu’elle éveille en mon cœur charmé ;

Qu’en moi d’amoureuses pensées Sous son regard naîtront soudain, Plus tendres et plus nuancées Que les liserons du jardin ;

Et qu’ainsi que se renouvelle Un rosier, blanc, pourpre et vermeil, Mon amour fleurira pour elle, Toujours vivant, jamais pareil.