French poem
À une jeune fille
by Louis Bouilhet (1821–1869)
(Traduit d’Anacréon.)
La fille de Tantale, en sa forme nouvelle, Sur les bords phrygiens devint pierre, dit-on ; Et les dieux ont donné le vol de l’hirondelle À la fille de Pandion.
Que je sois ton miroir, pour que vers moi sans cesse Tu penches ton beau front orné par les amours ! Que je sois ta tunique, ô ma blanche maîtresse, Pour que tu me portes toujours !
Que je sois dans ton bain l’onde pure et choisie Pour presser ton beau corps dans mes plis amoureux ! Que je sois le parfum, que je sois l’ambroisie Pour embaumer tes longs cheveux !
Que je sois le collier qui sur ton sein ruisselle ! Le lien de ta gorge aux suaves appas ! Que je sois seulement ta sandale, ô ma belle, Pour être foulé sous tespas !