French poem
C’est vrai, j’ai peu d’égards
by Louisa Siefert (1845–1877)
C’est vrai, j’ai peu d’égards aux vains regrets d’autrui ; Pour tous, comme pour moi, je suis presque trop forte, Et, coupable parfois au moment qu’elle exhorte, Ma volonté superbe endure mal l’ennui.
Ah ! quand on voit demain triste autant qu’aujourd’hui, Quand on passe sa vie à dire : Que m’importe ? À repousser du pied comme une chose morte Tout rêve qui demeure après l’espoir enfui ;
Peut-être la douleur qu’on veut garder secrète Vous donne-t-elle aussi des mots impérieux ; Et d’un geste écartant les regards curieux, Comme celui qui souffre en lisant Épictète, Ravi par la vertu des Stoïques anciens, Traite-t-on tous les maux comme on traite les siens.