Versos French Louisa Siefert Vendémiaire

French poem

Vendémiaire

by (1845–1877)

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Ce soir, à l’heure grave où le soleil décline, Les échos ont vibré de colline en colline. La fauvette en son vol égrenait ses fredons ; La source, en ruisselant sur les petites mousses, Trouvait des sons plus frais & des notes plus douces ; L’orchestre des roseaux jouait des rigodons, Qu’avec les flocons blancs des lointaines fumées Le vent rieur jetait par lambeaux aux ramées ; Et dans les verts chemins fleuris que traversait Son cortége au cri rauque, à la voix avinée, On entendait superbe, implacable, effrénée, La vendange qui s’avançait.

Ce soir, tout avait soif aux forêts de l’Argonne : Le défilé profond que le jour abandonne Comme une gueule avide attendait & hurlait. La patrie en danger haletait solitaire. Aux fiévreuses ardeurs de l’homme & de la terre, Ce n’était plus du vin, mais du sang qu’il fallait. Le ciel d’apothéose a des feux de fournaise. Place, place ! en grondant là-bas, la Marseillaise Roule, fauve torrent, ses flots de vers vengeurs : Armés de faulx, d’épieux, de haches, de faucilles, Manœuvres, artisans, gueux, héros en guenilles, Voilà les rouges vendangeurs !