French poem
Un cimetière aux champs
by Louisa Siefert (1845–1877)
Un cimetière aux champs est chose rassurante : Ces tumuli cachés sous les ifs & les fleurs Ont des airs innocents où l’âme indifférente Lit volontiers : Vertu, paix, prières & pleurs.
En ville, un cimetière & sa foule encombrante De marbres l’un sur l’autre entassés, de douleurs Qu’étouffent mal les bruits de la vie expirante, Éveillent dans l’esprit les doutes harceleurs.
Aux champs on peut s’étendre & s’endormir à l’aise, Tout est calme & clarté. Mais au Père-Lachaise, Le poëte qui songe, & va cherchant le beau, De la Mort multiforme entend la plainte acerbe. Eh ! qu’importe après tout ? Sous la pierre ou sous l’herbe Quel mot est plus sonore & plus creux qu’un tombeau ?