French poem
La Rose et le Flambeau
by Lucile Duplessis (1770–1794)
Lise avoit une rose De la surveille éclose. C’était là tout son bien. De sa fleur printanière, Lise, contente et fière Ne désiroit plus rien.
Pour faire voir sa rose Tout fraîchement éclose Lise voulut un jour, Non loin de son village, Faire un pélérinage Au Temple de l’Amour.
Sans nulle expérience Lise arrive et s’avance Jusqu’au pied de l’autel. Lise tremblante, émue, N’ose porter sa vue Sur le jeune immortel.
Mais l’amour voit la rose Tout fraîchement éclose À travers son bandeau. Sur cette fleur nouvelle Il jette une étincelle De son divin flambeau.
La rose est consumée. Une vaine fumée Remplace ce trésor… Depuis cette journée, Rêveuse et consternée, Lise gémit encor.
Craignez jeunes bergères Les ardeurs passagères De ce dieu porte-bandeau ; N’approchez pas vos roses De la surveille écloses Tout près de son flambeau.