Versos French Marceline Desbordes-Valmore Le Mariage d’une jeune Reine

French poem

Le Mariage d’une jeune Reine

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Cache bien cette fleur ! C’est le don de ma vie : Elle sera suivie, D’absence et de douleur. Adieu ! leur bal commence, Sauvons-nous dans la danse. Te regarder ce soir, C’est le ciel, sans l’espoir !

Autour de nos adieux que la foule est nombreuse ! Quelle musique étrange a tinté dans mes pleurs ! Que notre deuil a pris de pompeuses couleurs ! C’est vrai… ne dit-on pas qu’une reine est heureuse !

Ta pâleur nous trahit ; Je sens qu’on nous regarde ; Que la raison te garde Du mal qui m’éblouit. Plaît-il ?… le bruit m’enivre ; Je n’ai le temps de vivre, Ni le temps de mourir. Te parler et souffrir !

Autour de nos adieux que la foule est nombreuse ! Quelle musique étrange a tinté dans mes pleurs ! Que notre deuil a pris de pompeuses couleurs : C’est vrai… ne dit-on pas qu’une reine est heureuse !

Sur la vitre qui luit, Regarde cette étoile : On dirait, sous un voile Notre bonheur qui fuit ! Cette nuit me fait reine ; Vers le rang qui m’entraîne, Qu’ils sont lourds mes sermens Couverts de diamans !

Autour de nos adieux que la foule est nombreuse ! Quelle musique étrange a tinté dans mes pleurs ! Que notre deuil a pris de pompeuses couleurs : C’est vrai… ne dit-on pas qu’une reine est heureuse !

Sous nos pieds délirans Sens-tu couler les heures ? Oui ! tu pleures ! tu pleures, Et toi seul me comprends ! Va-t-en… Dieu qui m’écoute Sèmera sur ma route, Nos rêves sans remord, À mon doux lit de mort !