French poem
Marie
by Marie Krysinska (1857–1908)
À Catulle Mendès.
La jeune fille nazaréenne amoureusement rêve Elle rêve aux exploits sans pareils De l’admirable Jéhovah.
— C’est lui — dit-elle dans son cœur tremblant — Qui exhaussa Par la seule force de son Verbe Les murailles d’azur qui supportent son ciel.
C’est lui qui enchaîna la mer farouche La mer gémissante éternellement La mer écumante de sa révolte vaine.
— C’est lui — dit-elle dans son cœur brûlant — Qui délivra
Son peuple choisi de la dure peine Au pays d’Égypte, au pays d’exil,
Et c’est son invincible valeur qui triompha Des Amalécites ennemis de son nom glorieux
⁂
La jeune fille nazaréenne amoureusement rêve
Et le poids accablant D’une Humilité surhumaine Fait incliner son front charmant
Or, l’Ange annonciateur paraît à ce moment Et lui dit « Salut, Marie, Dans tes flancs tu porteras ton Dieu. »