Versos French Maurice Rollinat La Cendre

French poem

La Cendre

by

Listen in the reader

De la sorte — parlant par la voix du Curé — La cendre de l’âtre interpelle La chambrière antique à l’air dur et madré Qui vient la prendre avec sa pelle :

« Épargne-moi donc, bonne vieille ! Ne va pas encore me noyer, Laisse-moi dans ce grand foyer Où si doucement je sommeille.

Tu ne verras pas rougeoyer Toujours la lumière vermeille. En terre obscure, à poudroyer, Un jour, tu seras ma pareille.

Voici que ton âge succombe ; Nous allons être sœurs ainsi : Moi, je serai poussière ici, Et toi, poussière dans la tombe. »

La vieille qui croit plus encor À l’existence qu’à la mort, Lui répond, tremblante et poussive :

« Poussière et cend’ ? tant q’tu voudras Quand je n’blanchirai plus mes draps… En attendant, fais ma lessive ! »