Versos French Maurice Rollinat Les Deux Justes

French poem

Les Deux Justes

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Je n’aurai donc pas un frisson D’enthousiasme ou de torture Qui me paye de ma culture Et m’intéresse à ma moisson.

En vain mon cœur blasé, suprême, Cherche du nouveau dans le Bien, Ce sphinx inerte ne dit rien Et reste semblable à lui-même.

Oh ! qu’il surgisse enfin de la Perversité Un démon par lequel je puisse être tenté Et, savourant l’horreur de m’en laisser poursuivre,

Je bénirai le Mal autant que je le hais, Puisque hélas ! c’est encor l’inconnu du Mauvais Qui donne un goût moins nul à la fadeur de vivre.

« Insensé ! croupis dans le Bien, Répond le vieux juste au novice ; Sais-tu si le dégoût du vice N’est pas plus morne que le tien ?

« L’Uniformité nous verrouille ; Gardons-y le devoir têtu. Portons l’ennui de la vertu Comme un glaive porte sa rouille. »