French poem
Les Deux Mendiants
Reprenant leur chemin, Tête basse, une main Au sac bossu qu’ils portent, Dans la cour, comme ils sortent,
Le petit pauvre épais Lorgne d’un œil mauvais Le petit monsieur mince Dont la bouche se pince.
Le vieux s’en aperçoit. « T’es jaloux ? Ya pas d’quoi ! Fait-il, d’une voix douce : Entends-l’donc comme i’ tousse.
I’ cache un sang d’navets Sous tous ses beaux effets, Tandis q’toi, sans q’tu triches,
Tu fais rir’ vermillons Tous les trous d’tes haillons, Ça t’veng’ ben d’êt’ pas riche ! »