French poem
17 (Plutus, Neptune et le Triton…)
by Maurice Vaucaire (1863–1918)
Plutus, Neptune et le Triton Sont tous déguisés en fontaines ; Fontaines de plomb, par centaines, Qu’au loin on croirait en carton. Aux yeux ahuris de la foule, L’eau s’élance, coule et recoule.
Feu d’artifice sous-marin, Cascades d’énormes rosées Que le soleil rend irisées En illuminant chaque grain. L’eau gronde ainsi qu’une lionne Et l’eau bouillonne et tourbillonne.
Le public ressemble fort peu Au public des galantes fêtes Du temps jadis. Céans, les têtes N’ont perruque sur le cheveu, Car la Cour a cédé la place À la grouillante populace.
Qu’importe à Neptune, à Plutus, Que l’automne succède aux roses Et l’obscur aux apothéoses ! Il n’est pas de raison non plus, — J’en appelle aux sieurs Benserade, Quinault, poètes de parade ! — Puisque Louis Quatorze est mort, Pour que Triton crache moins fort.
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