French poem
23 (Les invisibles becs de gaz plaquent…)
by Maurice Vaucaire (1863–1918)
Les invisibles becs de gaz plaquent un ton D’incendie, un ton jaune au rideau qui repose. La tête de l’acteur, du front jusqu’au menton, Sous leurs rayons bien crus est plus vive et plus rose. La tête reluit mieux dans ce fard mélangé De lumière, chaque œil parait une bougie. Tout le théâtre a l’air vague d’être plongé Dans un bain de clarté factice ou de magie. Des costumes ils font resplendir le satin Et donnent la couleur locale, l’atmosphère. Pas besoin de soleil, la rampe peut en faire, Mettant à volonté la nuit ou le matin Sur les décors, sur les gens, sur le ciel des frises. Rampe, rampe qui nous fascines et nous grises !
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