French poem
A Notre Monde
by Pamphile Le May (1837–1918)
Dois-tu n'avoir, un jour, qu'un vol de fainéant, Comme un oiseau lassé d'une course inutile? Iras-tu, quand il faut pour te rendre fertile Des ans par millions, en un jour au néant?
Sais-tu la profondeur de l'espace béant? Le temps qui nous détruit, est-ce qu'il te mutile? Et la vie et la mort, sur ton champ qui scintille, Verront-elles la fin de leur combat géant?
Le sourire du ciel ne cesse de descendre Sur tes espoirs naissants et sur ta tiède cendre... N'es-tu pas un berceau? N'es-tu pas un bûcher?
Soufflez, vents du printemps! fleurs, versez vos arômes! Nous vivons du mystère, et dans les divins dômes Le rêve de ce monde ira toujours jucher.