Versos French Pamphile Le May A Selima

French poem

A Selima

by (1837–1918)

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Dix-sept printemps ont noué leur couronne Autour de ton front radieux.... Dix-sept printemps!... la vierge s'environne Alors d'un charme gracieux!

Dix-sept printemps dont j'aperçois les traces Dans ton oeil noir comme la nuit! Dix-sept printemps dont tu gardes les grâces Sur tes lèvres où l'amour luit!

L'amour!... pardonne à ce mot redoutable Échappé de mon pauvre coeur. Il te fait rire!... il me trouble et m'accable; Pourtant l'amour c'est le bonheur!

Qui peut nier de ce divin dictame Le prestige mystérieux? C'est une fleur qui parfume notre âme, C'est un bien qui nous vient des cieux.

C'est une lampe, une brillante étoile Qui chasse l'ombre du malheur; C'est un beau rêve, un ciel d'azur qui voile Le souvenir de la douleur.

Autour de nous tout palpite, tout aime, Oui, tout ce qui vit, Sélima; L'amour, vois-tu, c'est une loi suprême Que le roi du ciel proclama.

Près du ruisseau, la légère alouette Aime l'eau qui flatte son pied; Et le grillon aime le feu qui jette Un rayon d'or sous le trépied;

Le papillon aime le gai rivage Où nous le voyons badiner; L'active abeille aime la fleur sauvage Qu'elle s'empresse à butiner!

Le jeune oiseau, la gentille compagne Qui reste fidèle à son nid; Et le chasseur, l'écho de la montagne, Lorsque le jour se rembrunit.

Moi, Sélima, dont chaque jour redouble La mélancolie et l'effroi, Ah! j'aime aussi, car mon âme se trouble Quand ton oeil noir s'attache à moi!