French poem
Aux Expatriés
by Pamphile Le May (1837–1918)
Venez, vous tous que la Patrie Pleure, hélas! depuis de longs jours! Vous traînez une âme flétrie Sur des bords froids et sans amours. Venez, amis, avant que l'âge Enchaîne vos pas à jamais Ah! vous cherchez en vain la paix Loin du ciel de votre village!
Venez! le soleil luit encor! Sur nos grandes prairies Tout fleuries, Dorment au loin ses reflets d'or. Venez! la gentille hirondelle, Quand renaît la saison nouvelle, Prend toujours vers son nid fidèle Son essor.
Revenez aux rives natales, Au toit qui vous est toujours cirer! Ah! si nos tables sont frugales, Le pain de l'exil est amer! Hélas! que de places sont vides A nos foyers toujours en deuil! On dirait que sur chaque seuil Ont passé des tombeaux livides....
Venez! le soleil luit encor! Sur nos grandes prairies Tout fleuries Dorment au loin ses reflets d'or. Venez! la gentille hirondelle, Quand renaît la saison nouvelle, Prend toujours vers son nid fidèle Son essor.
Heureux ceux qui jamais ne laissent, Pour d'autres bords, leur doux hameau, Comme les feuillages qui naissent Et qui meurent sur le rameau! Venez, pour que votre poussière, Avec les cendres des aïeux, Repose à l'ombre des saints lieux, Sous l'humble croix du cimetière.
Venez! le soleil luit encor! Sur nos grandes prairies Tout fleuries Dorment au loin ses reflets d'or. Venez! la gentille hirondelle, Quand renaît la saison nouvelle, Prend toujours vers son nid fidèle, Son essor!