French poem
Chant de la Saint-jean-baptiste
by Pamphile Le May (1837–1918)
Regarde, ô saint Patron, regarde. Agenouillé dans le saint lieu, Ce jeune peuple qui craint Dieu Et qui se confie à ta garde! Veille sur lui, Sois son appui: Et de sa prière naïve De sa foi confiante et vive A l'Eternel Porte le tribut solennel,
Que des accords nouveaux, sous les voûtes sacrées, Comme un écho du ciel, résonnent en ce jour! Que nos fleuves, nos bois, nos plaines diaprées Chantent au saint, Patron un cantique d'amour!
Que nos accents s'unissent Aux gazouillements des oiseaux, Aux feuillages qui bruissent, Aux doux murmures des ruisseaux! Qu'ils soient une prière Qui monte vers les cieux Pareille à la lumière D'un matin radieux!
Glorieux protecteur de nos rives paisibles, Heureux ou malheureux nous recourons à toi: Remplis nos coeurs d'amour, rends nos bras invincibles, Fais briller sur nos pas le flambeau de la Foi!
Chantez vieillards pieux dont la course s'achève! Jeune homme plein d'espoir, dis un chant de bonheur! O fils du Saint-Laurent, votre concert s'élève, Comme un parfum béni, jusqu'aux pieds du Seigneur!
Paisible laboureur venu de ta prairie, A genoux dans le Temple en priant tu diras: «O ma religion, ô ma chère patrie, «J'ai pour t'aimer un coeur, pour te défendre un bras!»
Amis, si la victoire, A fait nos pères immortels, C'est qu'au sein de la gloire Ils priaient au pied des autels. Ah! marchons sur les traces De nos nobles aïeux, Ils ont cédé leurs places A des fils dignes d'eux!
Seigneur, verse toujours dans nos riantes plaines, Ta céleste rosée et tes douces faveurs! Que l'humble paysan voit ses granges bien pleines, Que le pauvre à son pain trouve plus de saveurs!
Regarde! ô saint Patron, regarde, Agenouillé dans le saint lieu, Ce jeune peuple qui craint Dieu Et qui se confie à sa garde! Veille sur lui, Sois son appui: De sa foi confiante et vive, Et de sa prière naïve A l'Eternel Porte le tribut solennel.