Versos French Pamphile Le May Champlain

French poem

Champlain

by (1837–1918)

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Où courez-vous?... Le vent s'élève et le flot roule. Le départ sonne-t-il? Vive Dieu! Quelle foule! La grève a des sanglots, mais les cieux sont sereins. Vogue, barque!... Écoutez la chanson des marins.

«Au levant qui se rose ont pâli les étoiles; La brise matinale agite au loin les eaux. Alerte, les gabiers! Hissez toutes les voiles, La corvette fuira comme les grands oiseaux. Sans peur mettons le cap vers un lointain rivage. Adieu, France la grande! Adieu, terre des preux! Ton nom fera tomber les fers de l'esclavage, Et passer des éclairs sous les bois ténébreux.

«Tu berças, vaste mer, notre enfance hardie. Tes chants nous seront doux sur les bords étrangers. Notre âme de marin ne s'est pas engourdie, Et Dieu qui le sait bien la garde des dangers. Que notre barque, ô mer! comme un champ te laboure! Ne ressembles-tu pas au sol rude et fécond? N'as-tu pas dans ton sein des fruits que l'on savoure? Et n'es-tu pas souvent notre tombeau profond?

«Maître, mousse, ou gabier, que chacun soit au poste. Le devoir et l'audace achètent le succès. Par delà l'océan, va, beau navire. Accoste La terre où germeront, demain, des coeurs français. Ne gémis pas sur nous, vieille France chrétienne, Si d'une allègre voix nous te disons adieu. Nous voulons te grandir. Allons, quoiqu'il advienne!... Mais qu'avons-nous à craindre avec le Don de Dieu.