French poem
Fenaison
by Pamphile Le May (1837–1918)
Les baisers du soleil endorment le foin mûr, La feuillée odorante et le flot d'émeraude. L'insecte crie et trotte, et le moineau maraude Pour nourrir ses petits nichés sur un vieux mur.
Le paysan se hâte. Il fauche d'un bras sûr. Il rit au mil pesant, et souvent son oeil rôde Pour voir si la prairie a retenu, par fraude, La marguerite blanche et le bluet d'azur.
L'air est tout embaumé. L'herbe que la faux coupe Enivre l'ouvrier comme une pleine coupe, Et le champ large et nu garde encor des splendeurs.
Comme le foin tombé sous l'acier qui le fouille, L'âme du malheureux que l'épreuve agenouille Autour d'elle répand de suaves odeurs.