French poem
Le Calvaire
by Pamphile Le May (1837–1918)
Là-bas, sur le coteau, j'ai revu le calvaire Où nous allions prier, les dimanches d'été... Il flottait un parfum de douce piété Au-dessus de nos fronts, dans la tiède atmosphère.
La prière en commun avait un ton sévère. Le Christ penchait la tête en son anxiété. Les oiseaux répondaient par des cris de gaîté; Moi, j'oubliais l'amen devant la primevère.
Et les vieux sont partis et les jeunes sont vieux! Je les connaissais tous, je ne connais personne, Et ne tressaille plus alors que leur voix sonne.
Et toujours, le dimanche, à la clarté des cieux, La vieillesse dolente et la jeunesse fière, Aux pieds du même Christ font la même prière.