French poem
Le Laboureur et le Marin
by Pamphile Le May (1837–1918)
—Sur les champs où mes boeufs traînent la lourde herse, Les grains mûrs pencheront leurs épis veloutés. —Ouvrant de longs chemins dans les flots redoutés, J'emporte les moissons qu'un ciel heureux te verse.
—Dans l'herbe, sous mes pieds, je vois la fleur qui perce, Et j'entends les oiseaux dans les rameaux voûtés. —Les chants moelleux des bois ne sont guère goûtés Quand sifflent les haubans et que la mer nous berce.
—Mon sommeil est paisible et mon réveil, joyeux; Puis, quand derrière moi se fermera ma porte, Je m'en irai dormir où dorment les aïeux.
—Mon sommeil est béni, car chaque nuit m'apporte, Dans un rêve enivrant, la femme et les marmots... Il se mit à pleurer après ces derniers mots.