Versos French Pamphile Le May Le Paysan et la Mine D'or

French poem

Le Paysan et la Mine D'or

by (1837–1918)

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Un jour, en labourant sa terre, Un paysan trouva quelques pépites d'or. Il crut qu'un immense trésor Se cachait là dans le mystère. Il se mit à chercher, fouillant de toute part Au hasard. Du pic et de la bêche; Mais la chance revêche, Ne lui souriait pas souvent. Il n'en gardait pas moins son aveugle courage Et creusait plus avant.

Il négligea son labourage Et ne faucha plus de moissons Aux gais refrains de nos chansons. La dépense augmentant bien plus que les recettes, Il fit des dettes; Mais il s'en moquait bien. Combien Voudraient être à sa place, avoir la perspective. De la fortuite et des honneurs, Et puis voir, en définitive, A leurs pieds tous les sermonneurs!

—Je serai, pensait-il, commissaire d'école; On commence par là. Je serai président d'un grand cercle agricole, Et pour cela, J'apprendrai peut-être De quelque bon maître A signer mon nom au lieu d'une croix. Je serai marguillier. Plus que cela, je crois, Je serai maire en ma paroisse. Et préfet du comté. Je vois les envieux, je comprends leur angoisse... Mais je veux user de bonté Et ne traiter personne avec outrecuidance.. Or, une fois en évidence, Il me sera facile assurément De devenir membre du Parlement... On me recherchera... Tiens! déjà?... Sur ma porte Je vois bien, n'est-ce pas, la députation?... Je gage qu'on m'apporte Une humble réquisition. Allons au-devant tout de suite; Soyons digne, c'est bien, mais pas trop obstiné...

Hélas! c'était une poursuite; Il était ruiné!

Braves cultivateurs qui cherchez la fortune, Quand vient la saison opportune Fouillez bien votre sol, bêchez votre terrain, Mais pour y semer du bon grain; Tout le reste, pour vous, serait de la démence. Enterrez bien cette semence, Votre trésor, La pluie et te soleil la changeront en or.