French poem
Premier rêve, Premier Reve
by Pamphile Le May (1837–1918)
Mes souvenirs d'amour ont toujours leur fraîcheur. J'avais une voisine et je l'aimais en rêve; J'avais un lis aussi, recueilli sur la grève Un soir que j'attendais le retour du pêcheur.
Pauvre lis, il souffrait et perdait sa blancheur, Et je souffrais de même, et de même sans trêve. Notre vie à tous deux allait être fort brève. Nous serions, au printemps, la moisson du faucheur.
Un rayon de soleil, par la fenêtre ouverte, Est venu ranimer mon lis déjà perdu. Mon lis est encor blanc, sa feuille est encor verte.
Un regard de tendresse est sur moi descendu; Le mal qui m'oppressait s'en est allé sur l'heure. L'amour n'est plus un rêve et la vie est meilleure.